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Art poética blog

Plaidoyer pour l'empathie (début d'essai) 2017

16 Juin 2017, 15:00pm

Publié par Samuel

 

 

Nous sommes dans une société qui évalue sans cesse la vie. Non que la vie ait à se justifier quand elle est à son plein, ou à un niveau de calme et de sérénité, c’est qu’à l’inverse une telle vision médiatisée de la plénitude accouche ici de son contraire, c'est-à-dire un rejet et un jugement total quand on se situe dans la chute.

 

Tous les préceptes philosophiques, de la dialectique de Socrate à Nietszche, jusqu’aux syllogismes de Cioran et les préceptes chimiques de l’univers, c’est dans le chaos et les plus petites molécules entrant en réactivité avec ce chaos et entrainant la vie, faisant jouer le hasard et la justice même du vivant, qu’on découvrit ainsi que les entités les plus attaquées et les plus souffrantes entraient en relation avec le jeu du chaos et de la vie, et du beau hasard du vivant.

 

La société issue du capital et de la production qu’est la nôtre a engendré une morale terrible découlant du principe même de cette société. Ce qui n’est pas dans le capital, le rendement et la productivité est nécessairement mis au ban de cette société. Il faut gagner, entrer dans un schéma de capital, consommer à l’aune de nôtre semblable pour entrer dans ce que la majeure partie du monde considère comme le groupe social auquel adhérer et rentrer dans le schéma de consommation, par les produits vendus ou un mode de vie dont « ce qui est dans le rendement et qui capitalise » acquière et jouit.

 

A ce point, tout ce qui fait défaut à l’image sociale et n’est pas justifié par l’argent sera rejeté comme étranger, marginal, méprisé pour sa chute, et peu écouté dans son langage étrange. On n’écoute plus, on ne se force plus à intercéder entre l’apparat et l’être, coupant ainsi la communication entre deux pôles humains dans une démarche où va naître la générosité, l’entraide, la compréhension, la bonne intelligence et l’humanité.

 

Si la clarté était de mise, la vraie signification du vrai bon sens et de l’âme, ainsi que de l’intelligence communicative, resterait comme une valeur commune. Nos politiques ont dans leur discours si peu de matière (comparé à la vraie légitimité de leurs actes et des lois utiles), et les discours issus des livres sont distillés au compte goutte, mais, il semblerait que dans une certaine sphère sociale littéraire et musicale, la morale humaine persiste. Il ne s’agit pas ici d’une critique de l’art, mais de la critique d’une morale sociale.

 

L’art, la littérature, la poésie, la musique et l’art visuel sont les soupapes sentimentales, affectives, émotionnelles et morales d’une société qui ne s’exprime qu’avec ses artistes, et échange ses instincts, comme un miroir ou une passerelle, avec les œuvres.

Ici, l’art légitime l’argent aux plus hautes sphères et dans les plus attaquées par la domination morale du pouvoir social, c’est l’argent qui justifie l’artiste.

 

La vue morale du groupe social dominant, dans une société comme la nôtre, ainsi que tout groupe social, est, par l’entremise d’une vraie morale et d’une vraie éthique, une vue du concernement du plus étrange, du plus souffrant, du plus particulier.

 

Ce qui prédomine dans le rejet social, c’est la volonté d’un individu de s’accaparer le pouvoir de la masse, et ainsi en s’alliant avec la puissance « conceptuelle » du groupe, sa prétendue morale, l’individu ou le groupe d’individus qui en rejette un autre veut s’approprier un pouvoir issu de la masse. Le grondement, la communication rapide, la parole violente, et le mouvement violent de la masse, tout en accord, ainsi en est il de cette appropriation. C’est bien de ce pouvoir dont il est question, dont l’individu persécuteur, il en est ainsi d’une telle morale, s’approprie la matière instinctive et la force, pour punir. Ainsi le pouvoir autonome du groupe octroyé à l’individu va à l’encontre de ce qui diffère, de l’individu qui diffère en tous points, alors que c’est bien le problème éthique de la caractéristique individuelle isolée et vécue dont il est question. Un rejet de la particularité pour raison de pouvoir, et faiblesse d’un groupe social dans son éthique.

 

On a là affaire à un phénomène de déresponsabilisation morale et éthique au profit d’un comportement de groupe à la morale discriminative quasi invisible, impérative dans le comportement du groupe, et pratiquée comme un tabou, jamais ouvertement admise, sauf quand il y a cynisme.

 

On assiste alors à un véritable instinct moral de la masse dans la contre éthique morale véritable, devenue son éthique comportementale.

 

Discrimination, abandon des valeurs humaines, insultes, mépris, indifférence, le tout ayant pour jeu d’accélérer le mal être de l’individu qui aurait besoin d’aide.

 

Toute forme de séparation prend du temps. La séparation sociale commence avec la douleur et la pauvreté, ou le choix de vie, qui pour l’individu, concerne ses passions et sa vue très personnelle. Ainsi un particularisme qui pousse quelqu’un, comme dirait Philip K. Dick, dans son temps de « mort humaine » à postériori à devenir quelqu’un de plus complexe et plus fort, issu d’une révélation spirituelle. D’où parfois le choix de vie.

 

On a, dans nos sociétés actuelles, à observer ce qui n’est pas devenu, par une sorte de réflexion générale, mais advenu, comme un accident tragique. Dans les sociétés les plus savantes et les plus cultivées, on connaissait l’utilité de la souffrance, le devenir des saints, la paralysie linguistique et sensorielle, tracés médians de la sagesse, comme nous le rappelle la symbolique chinoise des trois singes, l’un se masquant la bouche, l’autre les yeux, et l’autre les oreilles. Ainsi ici dans cet exemple nous voyons le néant et le silence total voulu et accepté comme un phénomène serein de la sagesse. Le début du Bouddhisme, en somme, même si il s’agit en ce cas précis du Tao.

 

Nôtre société parle trop, se figure très mal, et n’a pas les bons outils conceptuels pour bien réfléchir. Le comportement ignorant donne les plus grandes violences. Privilégiant l’égoïsme, le confort, le pouvoir, la vitesse, et tout ce qu’il y a de plus faux dans la parole la plus prolifique, on oublie que toute morale, toute sagesse, toute vie validée dans sa pensée, a pour origine le silence et la souffrance, ou alors plus rarement, une véritable éducation philosophique.

 

Le temps, la mort, le silence, la souffrance, sont les quatre points de jonction d’une réflexion sérieuse plus tard vérifiée. Les gouffres sont des puits de joyaux et de merveilles quand on sait que la philosophie, les contes, nôtre culture littéraire, artistique et musicale, et toute l’histoire culturelle, est issue de l’examen humain de ce que la société actuelle considère comme une déficience. A savoir toute forme de chute. Par son comportement, le groupe social actuel est devenu inefficient au vrai regard de la culture, pour accroître son efficience au vu du paraître, du pouvoir et de l’argent. Dans nos sociétés capitalistes, et vu dont la façon dont la qualité de « vie » est synonyme de « situation », « rendement », et parfois « pouvoir », avoir une belle vie signifierait avoir une bonne situation professionnelle, un bon rendement financier, et beaucoup de pouvoir.

 

Beaucoup de personnes seraient d’accord pour dire que cette définition est la clé même du bonheur social et individuel. Dans ce cas là où serait la contrepartie manquante, la partie sociale qui ne possède pas cela ? On voit ainsi toute l’origine du mépris, et la fabrication d’une morale de masse, par ailleurs totalement factice.

 

Celui qui a cela ne voit pas cela comme un grand privilège personnel, ou dans ce cas là en découlerait la magnanimité envers ses contemporains, mais voit cela comme la normalité, au pis l’idéal à atteindre. Une forme de bonheur à l’idéal fait de métal et de velours dont tous nos médias, pour des raisons qui ne sont autres que le rendement pécunier, font proliférer en tant que morale générale. Ainsi celui qui est hors de l’idéal que certains ont atteins, principalement fait de capitalisme communicatif et de communication vaine, au vu de la substance de la parole, celui hors de l’idéal de vie est signifié par le groupe comme étant hors de la vie et méprisé.

 

On a substitué à la vie et à la parole vraie une autre notion totalement factice, faite d’argent, de paraître, où celui qui a du pouvoir sur autrui est vénéré et non suspecté. Un gouffre moral dont beaucoup en subiront l’abîme, à tous les niveaux. C’est le temps des maîtres.

 

*

 

 

Accepter la notion d’éthique, c’est en avoir. Après tout dévale dans le monde. Le pouvoir humain que n’accorde pas l’oppression est accordé. La vie peut reprendre ses droits.

 

La perversion est une question d’opinions. Qui n’en a pas ? L’étrange face terrible, « l’autre visage » dont la perversion a accouché était une traumatisante expérience d’un délire parallèle, proche de la paranoïa. La morale et l’éthique luttent contre l’injustice. Bien la faire passer, avec cœur et dialectique, c’est remettre la notion de la chute dans son dynamisme. Issue de cela, la vraie justice peut fonctionner.

La perversion c’est la fraction, la chute c’est l’origine de la morale. Ainsi ce qui choit est philosophe. Mais cela, de tous temps, les groupes cultivés l’ont toujours su. Le mythe n’est plus restauré. Faisons appel à toute la mémoire.

 

Avoir une morale c’est transmettre. La notion de transmission est cultivée, pas barbare. Le chamanisme se sert du courant de l’eau, de la purge, du double raisonnement et de la vraie conclusion trouvée. On ne méprise pas le monde. Le vrai Monde. L’homme n’est pas fou. On n’est pas fou. Man ist nicht verrückt. Mann ist nicht verrückt.

Ce qui est dit ici c’est que le savoir acquis, quand on s’en rend vraiment compte, tend vers la vie. Et justifie la vie. On le sait bien.

 

Pascal était un penseur, Nietzsche un philosophe. Ce qui les différencie c’est une certaine notion de la perversion. Pascal n’avait pas d’éthique dans ses pensées.

 

La tentation de Nietzsche c’est la tentation du Mal. Ainsi en était-il de sa philosophie. L’idée, la notion d’idée, ne fut qu’à moitié respectée à la fin. Mais on sent qu’il fut manipulé par un pervers. Peut-être l’homme à la grande barbe noire. Le privilège des instincts. On connait la suite…

 

Dans la chute on assiste au phénomène de la différenciation, mais le phénomène de la Raison n’est pas respecté. Peut-être n’est-elle pas définie… Devenir du philosophe.

 

*

 

Passons maintenant aux enfants dans des corps d’adultes. Le retard psychologique et affectif grave. Si cela fait aussi mal, c’est que cela vient de ceux-là. Le jeu sadique poussé des « enfants », c’est le problème des enfants, de leurs cinq ans jusqu’à leur mort. Les enfants apprennent. Ce n’est pas une pathologie, c’est un serment de facilité. La vie, c’est le problème de l’adolescent, de l’homme, et des enfants tels qu’on les conçoit. Les enfants qui sont les détenteurs des secrets, des actes criminels psychiques permanents, c’est une notion de plaisir. Pourquoi être autre chose ? La continuité est évidente. Mais si la pureté est là, préservons là, car l’enfance est un acte rare.

 

Avoir de tels enfants, c’est les considérer comme le plus choyé, être sa mère qui le caresse en permanence, dans une utopie qui est un acte de déroulement d’un processus pervers. Evitons cela, c’est affaire de lucidité. Le Mal doit être combattu. Les autres notions sont comme du gâteau aux amandes dans la bouche d’un fasciné par la souffrance. En somme, ici le Mal est un jeu d’enfants qui se poursuit et qui continue jusqu’à la mort. Quel jugement porter sur celui qui n’a rien vécu de sa vie, pas même le sexe, ne peut être père, et qui sera cet être de jeu jusqu’à sa mort. C’est un serment. L’éducation doit exister.

 

J’ai vu cela chez une sorte de peintre appelé Enki, puis un autre à une galerie, qui était dans la symbolique sadique. Un père ne peut toucher à la chair de sa chair. On ne peut laisser son enfant à un vrai dingue. Conseil aux femmes. On connait bien, par cette dernière évocation, cette sorte de jeux d’enfants. Cette partie de l’essai est très dure. Ce sont les suiveurs des jeux sadiques de l’enfant Arthur Rimbaud, avec sa torture psychologique des jeunes filles par un groupe et autres inventions. Son « temps des assassins » son « invention colorée » trouve son origine dans la liberté totale. Cette époque est aussi celle des enfants dans des corps d’adultes, liés par le serment de facilité, qui sont les « enfants de Rimbaud ». Pas le poème, mais les suiveurs de la diatribe. Rimbaud emprunte à Gaspard de la nuit, mais ne crée que l’anarchie. Rimbaud débute une idée d’alchimie, la vraie alchimie, pour les innocents, et pour certains, est une vision particulière. Celle d’une forme de magie esthétique. Mais il vient du Mal. Et il pense à la morale humaine. Sa fin sera morale avec la lettre du voyant. On comprend que cela plaise. Moins qu’un pervers, un enfant fasciné qui construisait ses métaphores dans les pigeons qu’il égorgeait. Le meurtre a une étrangeté imprévue. Son écrit valable, sa seule interprétation mature pour une forme imaginative, est la « lettre du voyant ». Issu de l’amoralité la plus pure, Rimbaud accouche d’une forme et d’une vision esthétique. C’est un damné que nous pouvons respecter.

 

 

*

 

 

La méthode de la pensée est une appréhension du temps. Il arrive, dans les douleurs, que cela zigzague. Il faut que la Raison soit établie. Nous ne saurions arriver ici qu’à une conscience du mieux. Et c’est là toute la morale. A l’aune de cette conscience, c’est le Monde et la Raison. La mémoire ici joue. La réélaboration de la Raison et de la Mémoire accouche du vrai Monde.

 

Le cas du trauma implique l’agencement du doute. C’est un refoulement de la douleur et des larmes. Rapprochons-nous du cœur. Il ne ment pas. Nous nions le cœur. Tout totalitarisme s’efforce de nier le cœur. La vie n’est pas totalitaire. Elle est humaine. Les préceptes de vie ramènent à l’humanité. Préceptes : cœur, âme, pensée, raison.

Nous connaissons tous les préceptes de vie. Le plus grand des préceptes est l’âme. Tout ce qui n’est pas fait par l’âme est faux, fou. Reprenons âme, mémoire, et Raison.

 

Le vrai jugement moral se situe dans le monde objectif. Pas un monde qui entend, mais un monde que nous entendons bien. Etre en dehors du monde, après la chute, provoque un glissement. Pour certaines personnes, dans leur inconscient collectif, sortir du monde, c’est appliquer le jugement subjectif. C’est un fait analogique. La pitié est universelle, pour et par tous. La pitié est objective, c’est ce qui fait sa supériorité avec le jugement subjectif.

 

La haine en soi amène à la division du monde. C’est dit, c’est tout. L’humain objectif n’est plus là. Retrouver la langue maternelle est une question de vraie mémoire. Accepter toute la mémoire revient aux origines.

Le monde réel peut revenir, la haine se taire. Car la haine a brisé la langue maternelle, si bien qu’ici la souffrance nous faisait voler…

 

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Perdre son humanité est une anecdote assez amusante. La grande humanité du monde a remplacé la mémoire du cœur. Faire avec âme en état de même recrée le lien humain. Nous sommes autres, nous l’avions oublié. Quelles différences ? L’état post-traumatique où la confusion règne, ce précis état, est un état insensible à l’âme humaine. L’âme humaine charcutée demande un certain sens de la mesure.

 

 

Le théâtre sadomasochiste est rempli de perspectives psychologiques qui n’ont rien avoir avec l’humanité, tout autant que le Monde. Entre le sadisme au cumin, la torture au poivre et l’entente entre plusieurs personnes sur une même perspective psychologique saupoudrée d’estragon et de ciboulette, quant à savoir qui dominera, on peut dire que le zoo est bigarré. Cela n’a rien à voir avec l’humanité, et peut être parfois dans la logique de groupe ? C’est là que la théorie est confirmée : le un est plus fort et raisonné que le plusieurs. D’où son isolation et sa vérité… Mais cela, la vérité de celui qui chute est bien la logique du monde, pas la logique du zoo, encore moins que le groupe qui parle d’une seule voix, à savoir que toute personne qui tombe a des ailes.

 

 

*

 

 

La chute profonde se caractérise par une grande désorganisation du plein. Il faut alors agencer tous les vides et tous les points vides, car on est dans la disparité des points pleins et disfonctionnants ensemble. C’est la grande cuisine du chaos. Quand une cuisine commence, elle met du temps. La théorie de la multiplicité doit faire son aube et son jour en quelqu’un, et l’apprentissage est loin d’être plaisant. La théorie de la multiplicité est la connaissance de l’un devenu multiple, et de tous les multiples en un. De toute façon, c’est un grand processus de connaissance identitaire. Le sol connu, l’âme meurtrie connue, il va falloir ainsi l’affirmer, cette âme, et revendiquer son sol. On devient ici l’étranger de Jim Morisson. L’étranger vit pour lui-même, acquiert dans la chute et la multiplicité le pouvoir créateur, mais il lui manque le vrai langage. Crocheté de chaos, revendiqué de silence, silence si dur à vraiment accepter comme un vrai bien, tant le chaos rampe dans ce silence, la langue va devoir s’affirmer. Quand toute la langue de l’étranger qui est dans la théorie de la multiplicité va pouvoir s’affirmer et bien parler, en tous points, alors la vie reprendra ses droits dans cette vie qui a chuté. Mais tout commencement profond, plus profond alors, est chaotique…

 

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