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Thomas Leroy, poète

Publié le par samuel.madesclaire.over-blog.com

Thomas Leroy était mon ami. Il s'est suicidé en se jetant sous un train début 2006. Il avait 24 ans. Il a laissé derrière lui une oeuvre importante, conservée par sa mère, ainsi qu'une petite fille (pour qui il a fait des poêmes) qu'il n'a pas reconnu à la naissance pour n'avoir été prévenu que trop tard et la mère et la fille étaient introuvables. Il fit tout pour les retrouver, internet et plus, rien n'y fit. Il fut mon compagnon de poésie et d'amitié, de bohème, où nous partagions nos poêmes et nos idées sur la poésie. Cheveux blonds, yeux bleus, visage jeune et caractère de feu, je livre ici dans ce Requiem (faussé par un appel en 2007- voir sa tombe sur un site internet, j'y ait rajouté l'anecdote en commentaire) 2 poèmes, un des miens, fait en son honneur en 2009, puisqu'il fallait bien honorer un mort qui n'en a jamais été un, ni ne le sera jamais (voir le site sur sa tombe), plus un de ceux qu'il m'avait dédicacé ensuite, "Carmen" fait avant son suicide en 2005. ("Un de mes meilleurs !"). Je l'appelai enj 2007 sur son portable qui n'avait jamais cessé de fonctionner, en numéro privé, il me répondit. Donc... apostasie et non épigraphe.

Divagateur impénitent dans les rues parisiennes, séducteur et pitre, il fut une trombe de vie, parfois de grosse dépression, dans ce monde terrestre qu'il essayait d'aimer, ainsi que ses semblables.

 

Samuel Madesclaire , mai 2010

 

 

Souffle de la nuit

Que viennent dire les zéphirs

Si chaque pas nous conduit

Vers le plus franc avenir

 

Souffle de minuit

Elargit des épaules

Par le battant qui suit

Un long chemin de saules

 

Muets pour chaque soir

Il en viendraient certains

Quitte à murmurer dans le noir

Pour un sourire cœur de défunt

 

A murmurer seul et si frôle

Chaque ombre chaque main

Pour la nuit un chant du rôle

Du fossoyeur du vent d’airain

 

Il en viendrait par la peau

A nous redire nos enfances

Mémoires anciennes et chances

Comme claque un drapeau

 

A se manger de peurs et de miroitements

De souvenirs de vieilles errances

Quand à deux sous la nuit ainsi des enfants

Parcouraient les rues en silence

 

Une décennie se dérobe en coulant en silence

Le sang par une plaie de souvenir ouverte

Mille chants c’étaient nos grises enfances

Que sur le pavé la bière le café on buvait

 

Verte et incolore par présence du soleil

Sur un roux gris pupille de mes yeux

Moi je me disais que c’était le soleil

Qui murmurait dans le blond de tes cheveux

 

Tu me disais mes vers se reriment

Tout cela est du mauvais son

Pureté du jour et un temps de vent frais

Mes rimes en écho pour me les rependre après

 

Et par un vague temps d’automne

Je me promenais avec toi Thomas

Une lyre la vie c’était comme cent et cent anémones

De la mer et des océans que nous foulions à chaque pas

 

Les nuits comme des murmures des désespoirs

Nos voix pour tous et toutes les calmer

Ces muses sombres renouvelant le sang noir

Rouge couleur du cœur nos mots toi pour les coquelicots en été

 

Reste que par cette nuit si noire

En repensant à toi une vague vague de sanglots a coulé

Sous les saules du minuit à boire

Encore le sang sur tes empreintes

Que la mort en souriant a laissées

 

Est-ce que les amoureuses en juin

Plus tendres à nos yeux se montrent

Seul avec une belle empreinte sur mon cœur

Les soirs où je reste sur un banc

A justement amicalement attendre

 

 

 

Samuel Madesclaire, 2009

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