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Articles avec #requiem de thomas leroy poete tag

Thomas Leroy

Publié le par Samuel

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Stèle

Publié le par sam

Crocodile d’eau douce bercé de larmes de nuit

La torpeur de midi du minuit brun et sombre

Comme le calice de la mort mélangé à la vie

Sourire comme une trace de sang est la tombe du sort

 

Je repense à toi mort dans ta peine

Thomas comme un cobra avec les charmes de la sirène

Doux comme une plume d’ange humain comme tout être

Ta mort me mord le sang le cœur mes yeux sont la fenêtre

 

De mon cœur de mon eau bleu nacre mêlée aux pleurs

Je suis une eau des songes dont l’oubli est la couleur

Pourtant comme cartes qui tombent ma mémoire me rebat

Et mon sang sent la fumée sombre mémoire et morsure de cobra

 

Le cobra est drogué c’est mon sang par la fumée

Fumée du temps de cigarettes et café et de passé

J’ai le marbre comme squelette et je suis comme un azur

Je suis changeant comme les saisons la solitude est ma masure

 

Le cobra est en moi et quand je pleure c’est la morsure

De la mort de mon ami disparu comme une lettre

Une photo un être qui riait naïf marquant la mémoire de son azur

Rouge était-il bleu comme le ciel à la fenêtre

 

Je l’ai tellement en moi que j’en suis à écrire une lettre

Au disparu à mes mains et à mes yeux les siens ils étaient bleus

Je suis nostalgique comme une vieille femme veuve de son ami

A la fenêtre et à mon cœur je suis dans les larmes de minuit

 

 

 

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Thomas Leroy, poète

Publié le par samuel.madesclaire.over-blog.com

Thomas Leroy était mon ami. Il s'est suicidé en se jetant sous un train début 2006. Il avait 24 ans. Il a laissé derrière lui une oeuvre importante, conservée par sa mère, ainsi qu'une petite fille (pour qui il a fait des poêmes) qu'il n'a pas reconnu à la naissance pour n'avoir été prévenu que trop tard et la mère et la fille étaient introuvables. Il fit tout pour les retrouver, internet et plus, rien n'y fit. Il fut mon compagnon de poésie et d'amitié, de bohème, où nous partagions nos poêmes et nos idées sur la poésie. Cheveux blonds, yeux bleus, visage jeune et caractère de feu, je livre ici dans ce Requiem (faussé par un appel en 2007- voir sa tombe sur un site internet, j'y ait rajouté l'anecdote en commentaire) 2 poèmes, un des miens, fait en son honneur en 2009, puisqu'il fallait bien honorer un mort qui n'en a jamais été un, ni ne le sera jamais (voir le site sur sa tombe), plus un de ceux qu'il m'avait dédicacé ensuite, "Carmen" fait avant son suicide en 2005. ("Un de mes meilleurs !"). Je l'appelai enj 2007 sur son portable qui n'avait jamais cessé de fonctionner, en numéro privé, il me répondit. Donc... apostasie et non épigraphe.

Divagateur impénitent dans les rues parisiennes, séducteur et pitre, il fut une trombe de vie, parfois de grosse dépression, dans ce monde terrestre qu'il essayait d'aimer, ainsi que ses semblables.

 

Samuel Madesclaire , mai 2010

 

 

Souffle de la nuit

Que viennent dire les zéphirs

Si chaque pas nous conduit

Vers le plus franc avenir

 

Souffle de minuit

Elargit des épaules

Par le battant qui suit

Un long chemin de saules

 

Muets pour chaque soir

Il en viendraient certains

Quitte à murmurer dans le noir

Pour un sourire cœur de défunt

 

A murmurer seul et si frôle

Chaque ombre chaque main

Pour la nuit un chant du rôle

Du fossoyeur du vent d’airain

 

Il en viendrait par la peau

A nous redire nos enfances

Mémoires anciennes et chances

Comme claque un drapeau

 

A se manger de peurs et de miroitements

De souvenirs de vieilles errances

Quand à deux sous la nuit ainsi des enfants

Parcouraient les rues en silence

 

Une décennie se dérobe en coulant en silence

Le sang par une plaie de souvenir ouverte

Mille chants c’étaient nos grises enfances

Que sur le pavé la bière le café on buvait

 

Verte et incolore par présence du soleil

Sur un roux gris pupille de mes yeux

Moi je me disais que c’était le soleil

Qui murmurait dans le blond de tes cheveux

 

Tu me disais mes vers se reriment

Tout cela est du mauvais son

Pureté du jour et un temps de vent frais

Mes rimes en écho pour me les rependre après

 

Et par un vague temps d’automne

Je me promenais avec toi Thomas

Une lyre la vie c’était comme cent et cent anémones

De la mer et des océans que nous foulions à chaque pas

 

Les nuits comme des murmures des désespoirs

Nos voix pour tous et toutes les calmer

Ces muses sombres renouvelant le sang noir

Rouge couleur du cœur nos mots toi pour les coquelicots en été

 

Reste que par cette nuit si noire

En repensant à toi une vague vague de sanglots a coulé

Sous les saules du minuit à boire

Encore le sang sur tes empreintes

Que la mort en souriant a laissées

 

Est-ce que les amoureuses en juin

Plus tendres à nos yeux se montrent

Seul avec une belle empreinte sur mon cœur

Les soirs où je reste sur un banc

A justement amicalement attendre

 

 

 

Samuel Madesclaire, 2009

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Carmen

Publié le par samuel.madesclaire.over-blog.com

A tes matins de jeunes liaisons aventurées

Celles dont l’entrain naturel foule l’inconnu

Tes matins comme des sentiers à caresser

Au-delà du sourire de ma traversée à peine éclose

Je caresse la terre pour m’assurer d’y être bien accroché

Et touche l’espoir sous le fouet du vent

Alors l’herbe se revêt de sa dernière espérance

Les cristaux de la verdeur brillent dans le ciel tandis que le vert se courbe

Je respire et j’en ai peur

J’y pense et puis j’oublie

 

Un rire enfantin dans le vide de l’être

Fait écho au rire argentin de la nature naissante

Echos de rires cristallins mal orchestrés

La lune est rousse à des mille de la pensée

Le renouveau tremble et se détache de la branche

La cloche du regain résonne au cœur de l’ombre

Ombre des tilleuls ombres des limbes ombres des songes

La nuit apprivoisée au loin passe sans laisser de traces

Je respire et j’en ai peur

J’y pense et puis j’oublie

 

Deux pôles aimantés se disputent des bourgeons

Je viens d’une planète fleurie voyez vous

Une étendue noire griotte pour chevelure et prunelles

Brûle d’une infime lueur la flamme blanche et fuyante du désir

Tout y reflète la fin d’un poème emprunté à l’automne

Un blanc manteau d’hermine sur les toits

Les marrons chauds et les feux de cheminée

Le salon est jonché de feuilles qui reposent en paix

Je respire et j’en ai peur

J’y pense et puis j’oublie

 

La vertu s’apprête se pomponne peine à garder une trouvaille sur ses épaules

Se découvrant dans le miroir à faire la moue

Les souhaits prennent leur envol avant que le soleil ne tire sa révérence

La force d’âme du printemps a mis enceinte la fragilité de l’aube

A chacun son odyssée au carrefour de milles trajectoires

Sur l’autoroute de l’infortune poussent des lignes de vie tels des rameaux

La paume conductrice s’absorbe tout contre l’écorce

La vitalité souffle à pleins poumons sur mes cendres

Je respire et j’en ai peur

J’y pense et puis j’oublie

 

L’appétit de merveilles éclaire un premier cri

Les genoux dans le bac à sable sous la frondaison de la tutelle

Un caprice lascif est soudain pris de vertiges

Et un vieillard disparait dans le jour revenu

 

 

 Thomas Leroy, 2005

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